Se tenir proche d’une montagne vous empêche de voir la montagne

Selon le célèbre poète chinois, Su Dongpo, c’est seulement en abandonnant notre propre égoïsme et en regardant calmement les choses que nous pourrons voir le monde sous son vrai jour. 
 
Su Dongpo est un célèbre poète de la Dynastie Song. Sa poésie est écrite dans un style ouvert, rafraichissant et sans complexe, souvent ponctué de métaphores inattendues. 
 
(123RF)
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Quant Su visita le Mont Lushan de Jiujiang, dans la Province chinoise du Jiangxi, — il y a plus de mille ans— il fût saisi par sa beauté exquise. Ému, il écrivit le poème suivant sur le mur du Temple de Xilin : 
La montagne apparait différente sous différents angles,
De loin ou de près, haut et bas varient.
On ne peut voir le vrai Lushan,
Ce parce qu’on est dans la montagne. 
 
Les deux dernières lignes du poème de Su ont été largement citées, car elles expliquent des vérités profondes en quelques mots simples. 
 
Dans les deux premières La montagne apparait différente sous différents angles, De loin ou de près, haut et bas varient., le poète décrit ce qu'il a vu alors qu’il visitait Lushan. Avec toutes ses crêtes, pics, vallées et collines, la montagne offre aux visiteurs d’innombrables points de vue à couper le souffle, quel que soit l’angle sous lequel ils la contemplent. 
 
Les deux dernières lignes : On ne peut voir le vrai Lushan, ce parce qu’on est dans la montagne offrent au lecteur un aperçu de la philosophie du poète sur la vie. Pourquoi était-il incapable de voir le vrai Lushan ? 
 
Parce qu’il était dans la montagne même, les crêtes et les pics lui bloquaient le panorama. De la même façon, quand on regarde une situation uniquement de son propre point de vue, il est souvent difficile de discerner le bien du mal et le vrai du faux. 
 
L’environnement de vie de chacun étant différent, les leçons de vie de chaque personne diffèrent. Par conséquent, le degré de difficulté auquel chacun fait face dans la vie est différent. Ceci montre que différentes personnes tendent à considérer les choses de différents points de vue. C’est uniquement quand nous sortons de notre propre égoïsme et regardons les choses calmement, que nous pouvons discerner la vérité. Ce n’est qu’alors que le monde se révèle sous son vrai jour. 
 
La vie est un voyage jalonné de nombreuses intersections. Cependant, si une personne peut changer sa perspective, il est possible qu’un monde d’opportunités s’ouvre à elle. Dans ce monde humain, on ne peut éviter le cycle de la naissance, vieillesse, maladie et mort, pas plus qu’on ne peut échapper aux peines et aux frustrations de la vie. 
 
Ainsi, chaque crise est une opportunité pour grandir, et chaque revers un test. L’attitude de quelqu’un dicte son état mental et quand l’état mental d’une personne change, son attitude vis-à-vis du monde, change également. 
 
Quand Su écrivit le poème ci-dessus, il n’exprimait pas quelque chose d’abstrait, mais révélait plutôt sa philosophie sur la vie, laquelle est à la fois conviviale et naturelle. 
 
Comme le dit le proverbe, un bon poème est meilleur qu’un bon repas, parce que son arrière-goût persistera plus de mille ans. 
 
Guan Ming- texte français Constance Ladoux